• Le mot du Point Focal National


Reconnue comme un des points chauds de la biodiversité mondiale, de par la richesse de ses espaces naturels, forestiers et agricoles, l'île de la Réunion est un milieu fragile. Ouvert sur l'extérieur avec les nombreux échanges commerciaux internationaux, son écosystème est, malgré les contrôles phytosanitaires aux frontières, régulièrement menacé, par l'introduction d'envahisseurs biologiques : ce sont plus de 70 000 tonnes de végétaux qui sont annuellement importés pour alimenter le marché local. Ceux-ci peuvent causer des dommages importants, bien qu'immédiatement difficilement mesurables. Les nombreux microclimats, la diversité des milieux tempérés et tropicaux présents et la capacité d'adaptation des organismes nuisibles aux cultures et autres pestes végétales, expliquent la pression phytosanitaire rencontrée sur les productions végétales. Plus de 1700 couples organisme nuisible - plante sont ainsi recensés.Dans ce contexte, la lutte phytosanitaire est souvent complexe, difficile et oblige à la mise en place de dispositifs de lutte intégrée, englobant les mesures prophylactiques de bon sens, les techniques de lutte biologique, quand elles sont disponibles, et la protection chimique souvent nécessaire. Pour ce faire, la Réunion dispose d'un encadrement scientifique et technique remarquable, dont les équipes du Pôle de Protection des Plantes constituent un bon exemple. Basé à Saint Pierre de la Réunion, cette infrastructure à vocation régionale, regroupe en son sein des chercheurs (CIRAD, Université, IRD et INRA) et des techniciens (DAF/SPV et FDGDON). Grâce à l'action complémentaire des différentes équipes et aux équipements disponibles, de nombreuses activités peuvent être conduites :

  • diagnostics,
  • mise au point de méthodes de reconnaissance,
  • élaboration de méthodes de lutte contre les organismes nuisibles et techniques de restauration écologiques,
  • acquisition de connaissances scientifiques concernant les mécanismes de résistance aux maladies, modélisation des dynamiques de populations de ravageurs et d'épidémiologie des maladies,
  • mise au point de procédures normalisées d'aide à la certification phytosanitaire et variétale du matériel végétal tropical.

Pour transférer aux agriculteurs les résultats acquis, des organisations professionnelles comme la FDGDON, L'ARMEFLHOR, la Chambre d'Agriculture de la Réunion, FARRE travaillent en appui. Enfin des coopératives agricoles ou autres structures privées assurent la distribution des produits et matériels techniques nécessaires à la bonne mise en place des luttes.

Eric JEUFFRAULT, Point Focal National de la Réunion