• Pourquoi les mauvaises herbes poussent-elles ?

Comprendre les raisons de la présence d’adventices implique une connaissance approfondie des enherbements (composition floristique, écologie et biologie des espèces…) et des facteurs écologiques et agronomiques qui influencent leur développement. Ces connaissances permettent de cibler et d’intervenir sur les facteurs de manière à maintenir l'enherbement d'une parcelle en dessous d'un seuil de nuisibilité globale.

Effets de l'environnement sur l'enherbement

En zone tropicale, la présence des espèces est principalement liée à la nature physico-chimique du sol et à son humidité. Au cours des années, la composition de la flore évolue après la mise en culture de la parcelle.

  • Au début, la flore se compose d'espèces peu compétitives issues du milieu naturel. Celles-ci nécessitent peu de désherbage et sont peu adaptées aux perturbations répétées du milieu agricole.
  • Rapidement, cette flore est remplacée par des espèces biologiquement mieux adaptées au contexte agricole qui prolifèrent avec le temps. Ces nouvelles espèces gagnent les nouvelles parcelles par les semences contaminées, les outils, les animaux, l'eau d'irrigation, le vent…
  • Les pratiques culturales influent sur la rapidité d'évolution de la flore et sur la sélection des espèces les mieux adaptées au contexte. En quelques années, apparaissent des enherbements quasiment monospécifiques, contre lesquels les agriculteur n'arrivent plus à lutter, dans le cadre des itinéraires classiques.

Variations au cours d'un cycle de culture

Au cours d'une saison culturale, la composition floristique de la parcelle et l'abondance des espèces évoluent. Les espèces de début de cycle sont responsables de l'essentiel de la compétition vis-à-vis de la culture, tandis que celles de fin de cycle agissent sur la pénibilité du travail de récolte, sur la qualité de la récolte et augmentent le stock semencier du sol. L'étude de l'enherbement doit donc prendre en compte l'ensemble du cycle.

Définition d’un seuil de nuisibilité

La gestion raisonnée de l'enherbement d'une parcelle doit tenir compte de différents seuils de nuisibilité :

  • Nuisibilité biologique directe : compétition avec la culture - baisse de rendement
  • Nuisibilité indirecte : dépréciation de la récolte, augmentation de la pénibilité du travail
  • Nuisibilité écologique locale : gestion du flux du stock semencier du sol de la parcelle
  • Nuisibilité écologique régionale : diffusion possible d'une espèce nouvellement introduite à l'ensemble de la région

Enfin, l'étude d'une espèce particulièrement envahissante devra porter sur l'analyse de sa stratégie biologique. Il s'agit notamment de comprendre l'ensemble des caractères qui lui confèrent cette capacité d'adaptation et d'envahissement en adéquation avec le contexte agroécologique.

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