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  • La lutte biologique contre l’aleurode du cocotier aux Comores s'amorce

Published le 23 Mar 2006
Dernière mise à jour le 03 Apr 2006

L’aleurode du cocotier a causé de forts dégâts aux Comores. Un programme de lutte biologique a été initié par le CIRAD mi-septembre 2005 dans le cadre du PRPV. Le programme entre aujourd’hui dans sa seconde phase : l’élevage en laboratoire de l’aleurode et de ses ennemis naturels trouvés à la Réunion.

Aleurotrachelus atratus Hempel. C’est le nom de l’aleurode qui cause (avec Paraleyrodes bondari Peracchi, dans une moindre mesure) des ravages sur cocotiers aux Comores depuis trois ans. Le ministère de l’agriculture comorien estime qu’elle est la cause d’une chute de production de la cocoteraie de 66 % en Ngazidja, de 45 % à Anjouan et de 30 % à Mohéli. Un fléau pour ces îles, couvertes de cocotiers qui jouent un rôle essentiel dans la société comorienne (alimentation, médecine traditionnelle, etc.).

Comment cette mouche blanche s’attaque-t-elle au cocotier ? L’adulte pompe la sève du cocotier pour se nourrir. La larve, elle, sécrète un miellat sur ses feuilles sur lesquelles se développe alors un champignon, la fumagine, gênant la photosynthèse et la transpiration. Ces deux actions entraînent un affaiblissement de l’arbre, réduisant sa production de noix de coco et pouvant aller jusqu’à sa mort.

Aucun moyen de lutte n’était connu avant que ne démarre le programme de lutte biologique du PRPV le 15 septembre 2005. Ce projet se déroule en trois étapes sur 18 mois au total.

La première étape, d’une durée de trois mois, a consisté à identifier les espèces d’aleurodes présentes sur Palmaceae à la Réunion et leur cortège d’ennemis naturels, notamment des parasitoïdes. A la Réunion, cet aleurode est en effet présent, mais ne cause pas de dégât, étant régulé par ces "ennemis naturels". Aux Comores, par contre, point d'ennemi pour A. atratus, d'où son développement. Deux parasitoïdes ont été trouvés à la Réunion : Cales noacki Howard (introduit à la Réunion pour lutter contre Aleurothrixus floccosus Maskell, l’aleurode floconneux des agrumes) et une nouvelle espèce d’ Eretmocerus en cours de description, qui semble très spécifique d’ A. atratus (puisqu’elle a également été retrouvée sur cet hôte en Guadeloupe et à Mayotte).

La seconde étape du projet vient de débuter. Elle vise à élever en laboratoire A. atratus et ses deux parasitoïdes à la Réunion au Pôle de protection des plantes, puis aux Comores à l’INRAPE. Leur spécificité vis-à-vis d’autres espèces d’Aleyrodidae sera préalablement vérifiée, afin de minimiser les risques pour d’éventuelles espèces d’aleurodes endémiques des Comores. L’enquête écologique sur les aleurodes des Palmaceae (voir fiche de reconnaissance ci-dessous) initiée en étape 1 sera poursuivie tout au long de l’étape 2. Parallèlement aux études menées à la Réunion, des suivis de populations d’ A. atratus seront effectués aux Comores par le personnel local. Les niveaux de populations initiaux de l’aleurode sur les futurs sites de lâchers des parasitoïdes, prévus en étape 3, devront être mesurés afin de pouvoir estimer l’efficacité de ces derniers ainsi que leur capacité de dispersion. Si l’élevage en laboratoire réussit, les premiers lâchers pourront avoir lieu en fin d’année ou au plus tard début 2007.

Contact :

CIRAD 3P
UMR "PVBMT"
Laboratoire d’Ecologie Terrestre et de Lutte Intégrée
7 chemin de l’IRAT
97410 Saint-Pierre
Tél. : +262 262 49 92 46

Fiche de reconnaissance des aleurodes des Arecaceae présents à la Réunion Fiche de reconnaissance des aleurodes des Arecaceae présents à la Réunion (977 kB)